6 octobre 2025

RETOUR AUX ACTUALITÉS

Catégorie(s) : Poignet

Douleurs chroniques du poignet – causes et prise en charge

Douleurs chroniques du poignet causes et prise en charge
5/5 - (3 votes)

Les douleurs persistantes du poignet peuvent rapidement devenir invalidantes. Souvent multifactorielles, les douleurs au poignet persistantes, qu’elles soient liées à un traumatisme ancien ou qu’elles apparaissent sans cause évidente, nécessitent une évaluation pour orienter le diagnostic et adapter le traitement. L’équipe du Centre SOS Main 93 vous explique les causes possibles, les examens diagnostiques et les solutions thérapeutiques en cas de douleur chronique au poignet.

Quelles sont les causes possibles de douleurs persistantes du poignet ?

Les douleurs chroniques du poignet peuvent avoir des origines très variées, qui ne se limitent pas aux traumatismes visibles.

Causes squelettiques et articulaires

  • Pseudarthrose du scaphoïde : issue d’une fracture non consolidée, elle entraîne une douleur radiale persistante, avec perte d’amplitude
  • Arthrose du poignet : notamment au niveau de l’articulation trapézo-métacarpienne (base du pouce), elle touche fréquemment les femmes après la ménopause
  • Conflit ulno-carpien : souvent post-traumatique, en cas de raccourcissement du radius
  • Poignet SLAC : forme d’arthrose dégénérative qui apparaît progressivement après une instabilité chronique du carpe, le plus souvent liée à une rupture ancienne du ligament scapholunaire ou à une pseudarthrose du scaphoïde non traitée
  • Poignet SNAC(Scaphoid Nonunion Advanced Collapse) : arthrose dégénérative secondaire à une pseudarthrose du scaphoïde (fracture non consolidée).

Atteintes ligamentaires

  • Instabilité scapholunaire : une rupture du ligament entre le scaphoïde et le lunatum peut évoluer vers une arthrose avancée
  • Lésions du complexe triangulaire fibrocartilagineux (TFCC) : fréquentes après chute ou usure chronique, elles provoquent des douleurs ulno-palmaires aggravées par la prono-supination. Leur diagnostic repose souvent sur des tests dynamiques et l’IRM avec arthrographie

Pathologies tendineuses

  • Ténosynovite de De Quervain: inflammation du 1er compartiment des extenseurs (APL/EPB), fréquente chez les femmes, notamment en post-partum, et chez les professionnels manuels/gestes répétitifs,
  • Tendinopathie de l’extenseur ulnaire du carpe (ECU) : liée à certains gestes techniques sportifs ou professionnels qui peut s’accompagner d’un phénomène de subluxation tendineuse visible à l’échographie.

Autres causes fréquentes

  • Kystes synoviaux : masses bénignes qui peuvent être isolées ou témoigner d’une pathologie articulaire sous-jacente
  • Syndrome du canal carpien: compression du nerf médian, plus souvent ressentie dans la main, mais parfois confondue avec une douleur du poignet
  • Atteintes inflammatoires : arthrite rhumatoïde débutante, notamment si la douleur est bilatérale, nocturne et associée à un enraidissement matinal

Qui est concerné par les douleurs chroniques du poignet ?

Tout le monde peut avoir mal au poignet sans raison identifiée, mais certains profils sont plus explosés, notamment :

  • Les personnes âgées : risque de fractures ostéoporotiques, même en cas de chute légère
  • Les jeunes adultes : risque de lésions ligamentaires ou tendineuses après un traumatisme sportif ou un choc violent
  • Les personnes qui ont une profession manuelle (coiffeurs, caissiers, ouvriers, etc.) : risque accru de tendinites liées aux gestes répétitifs
  • Les sportifs, notamment en tennis ou en musculation : forte sollicitation des structures ligamentaires et tendineuses du poignet

Des antécédents chirurgicaux, une ancienne entorse mal soignée ou un déséquilibre biomécanique peuvent également favoriser une évolution chronique des symptômes.

Par ailleurs il n’est pas rare qu’un poignet douloureux depuis plusieurs semaines soit initialement banalisé ou minimisé, surtout en l’absence de traumatisme. Pourtant, une prise en charge précoce de la douleur du poignet limite le risque de chronicisation et de perte fonctionnelle durable.

Quels examens en cas de douleur au poignet ?

Le diagnostic de douleur au poignet qui persiste repose sur plusieurs éléments :

Interrogatoire + examen clinique

Une évaluation précise du contexte est indispensable : main dominante, profession du patient, antécédents de traumatisme, existence de masses ou d’une gêne fonctionnelle. Les douleurs doivent être localisées (radiale, centrale ou ulnaire), et caractérisées (inflammatoire ou mécanique).

L’examen clinique peut inclure la palpation ciblée des structures osseuses et tendineuses, la comparaison des amplitudes actives et passives, des tests fonctionnels : Finkelstein (de Quervain), compression ulnaire (TFCC), test de Watson (instabilité SL), test de levier (ACM), etc.

Examens d’imagerie médicale

  • Radiographies standards du poignet sous différents angles pour visualiser une pseudarthrose, un conflit articulaire ou une arthrose
  • Échographie ciblée en cas de suspicion de pathologie tendineuse, de kyste ou d’inflammation localisée
  • Bilan biologique avec CRP, VS, facteur rhumatoïde, en cas de doute sur une atteinte inflammatoire

En présence d’un poignet douloureux sans traumatisme apparent, ou lorsque la douleur persiste malgré un traitement symptomatique de première intention, l’IRM ou l’arthroscanner permettent souvent de préciser l’étiologie. Le bilan complémentaire peut aussi inclure une scintigraphie osseuse en cas de suspicion d’algodystrophie ou d’ostéonécrose, et un électromyogramme (EMG) en cas de suspicion de compression nerveuse isolée.

Ces examens sont particulièrement utiles lorsqu’une douleur persistante du poignet est bien localisée à l’examen clinique, mais que les radiographies restent normales ou peu contributives. Ils permettent alors de détecter des lésions profondes non visibles sur les clichés standards.

Comment soulager une douleur chronique au poignet ?

Le traitement dépend de la cause identifiée et de la gêne ressentie. Il peut être conservateur ou chirurgical.

Traitement médical et fonctionnel

Il peut inclure :

  • Repos articulaire, parfois par attelle, pour limiter les mouvements aggravants
  • Rééducation ciblée (kinésithérapie, physiothérapie, ondes de choc) pour restaurer force et mobilité
  • Infiltrations de corticoïdes en cas d’inflammation persistante ou de tendinite rebelle
  • Traitement médicamenteux : antalgiques, AINS, parfois associé à de la physiothérapie manuelle

Une prise en charge combinée (kiné + orthèse + adaptation des gestes quotidiens) est généralement recommandée pour éviter la chronicisation.

Chirurgie du poignet

L’indication n’est pas systématique. Elle peut être envisagée dans les cas suivants :

  • Fracture non consolidée (scaphoïde), à stabiliser par greffe et vissage
  • Kyste synovial récidivant, après échec de l’aspiration
  • Instabilité scapholunaire ou lésion du TFCC résistante
  • Syndrome du canal carpien invalidant malgré les orthèses nocturnes et/ou infiltrations

Peut-on prévenir les douleurs chroniques du poignet ?

Certaines mesures permettent de limiter les risques de douleurs persistantes au poignet :

  • Adapter son poste de travail (ergonomie, pauses)
  • Éviter les gestes répétitifs prolongés
  • Renforcer les muscles de l’avant-bras et du poignet
  • Traiter précocement les traumatismes (entorse, fracture)
  • Surveiller l’évolution de toute douleur persistante

Une consultation au Centre SOS Main 93 est vivement conseillée lorsqu’une douleur au poignet résiste aux traitements médicaux classiques, impacte le sommeil ou s’aggrave à l’effort. Les solutions chirurgicales pour poignet douloureux chronique sont alors discutées au cas par cas.

Les autres actualités

VOIR TOUTES LES ACTUALITÉS