14 décembre 2025

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Catégorie(s) : Epaule

Syndrome de Parsonage-Turner – Neuropathie aiguë de l’épaule

Syndrome de Parsonage Turner Neuropathie aiguë de l'épaule
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Une douleur soudaine à l’épaule, sans cause traumatique évidente, suivie d’une perte de force musculaire et d’une atrophie, peut révéler une atteinte nerveuse rare, le syndrome de Parsonage-Turner. Cette inflammation du plexus brachial entraîne une souffrance neurologique intense, avec une récupération qui s’étale souvent sur plusieurs mois. L’équipe du Centre SOS Mains 93 accompagne les patients à chaque étape de cette évolution.

Qu’appelle-t-on Syndrome de Parsonage-Turner ?

Le syndrome de Parsonage-Turner, ou névralgie amyotrophiante, est une atteinte aiguë et douloureuse du plexus brachial, ce réseau de nerfs situé entre le cou et l’épaule, qui innerve le membre supérieur. Cette neuropathie débute par une douleur intense, rapidement suivie d’un déficit moteur et d’une fonte musculaire dans certaines zones du bras ou de l’omoplate.

Le syndrome est considéré comme une maladie rare, avec une prévalence estimée entre 1 personne sur 50 000 et 1 sur 30 000. Il peut toucher des patients de tout âge, sans profil type clairement établi. L’atteinte est le plus souvent unilatérale, mais certaines formes peuvent être bilatérales.

Les causes possibles du Syndrome de Parsonage-Turner

À ce jour, les mécanismes à l’origine du syndrome de Parsonage-Turner ne sont pas totalement connus. Plusieurs hypothèses existent, notamment l’implication conjointe de facteurs génétiques, d’une réaction immunitaire inappropriée et de déclencheurs extérieurs.

Les recherches évoquent un épisode aigu qui survient à la suite d’un événement identifié. Une infection virale ou parasitaire, une intervention sous anesthésie, ou encore certaines pathologies inflammatoires chroniques pourraient précéder l’apparition des symptômes. D’autres contextes sont également évoqués, comme la grossesse ou le post-partum.

La question d’un rôle déclencheur de la vaccination (exemple avec le COVID-19) a été soulevée après l’observation de plusieurs cas. Toutefois, ces signalements restent très peu fréquents à l’échelle nationale, et ne permettent pas d’établir de lien formel.

Il existe par ailleurs une forme héréditaire de cette affection, dans laquelle une mutation du gène SEPT9 est retrouvée dans près de la moitié des cas. Cette anomalie génétique entraîne une sensibilité accrue du plexus brachial face aux agressions physiques ou immunitaires, ce qui peut expliquer la répétition des épisodes au fil du temps.

Lorsqu’aucune cause n’est identifiée, on parle de forme idiopathique, désignée sous le nom de Syndrome de Parsonage-Turner. En revanche, lorsqu’un terrain familial est retrouvé, avec des épisodes récurrents et des antécédents similaires, le terme amyotrophie névralgique héréditaire (ANH) est utilisé.

Les symptômes du Syndrome de Parsonage-Turner

Le syndrome de Parsonage-Turner se manifeste le plus souvent en deux phases. La première phase, dite aiguë, débute par l’apparition brutale d’une douleur vive, localisée à l’épaule, au haut du bras, voire au cou. Cette douleur est souvent décrite comme brûlante ou lancinante, plus intense la nuit, et peut durer jusqu’à 3 semaines, parfois non calmée par les antalgiques habituels.

Très rapidement, la douleur cède la place à une perte de force musculaire, en particulier pour lever le bras ou effectuer certains gestes du quotidien. Cette faiblesse varie selon les nerfs touchés, mais concerne le plus souvent les muscles de l’épaule et du bras. Petit à petit, une fonte musculaire peut s’installer au niveau de la ceinture scapulaire ou du biceps, avec une asymétrie visible.

Des troubles de la sensibilité peuvent également apparaître dans la zone atteinte comme des picotements, un engourdissement ou une sensation de gêne. Dans certains cas, d’autres nerfs peuvent être touchés, comme le nerf phrénique, ce qui peut provoquer une gêne respiratoire modérée, mais inhabituelle.

Les formes héréditaires du syndrome, qui sont plus rares, se manifestent souvent dès l’enfance ou l’adolescence, avec des épisodes répétés. Elles peuvent être associées à certains traits physiques particuliers, mais ces signes ne sont pas systématiques.

Comment diagnostiquer le syndrome de Parsonage-Turner ?

Le diagnostic repose d’abord sur la consultation avec interrogatoire et examen clinique. Le spécialiste se base sur l’enchaînement typique des symptômes, une douleur initiale puis faiblesse motrice et fonte musculaire. L’interrogatoire va rechercher un éventuel facteur déclenchant ou un antécédent familial. Des examens complémentaires permettent ensuite d’affiner le diagnostic et de confirmer l’atteinte nerveuse :

  • L’électromyogramme (EMG), qui va permettre de visualiser une dénervation partielle ou complète dans les territoires concernés, à partir de 10 à 15 jours après le début des symptômes
  • L’IRM du plexus brachial, qui peut révéler un hypersignal inflammatoire dans certains cas, ou permettre d’éliminer d’autres causes, comme une tumeur ou une compression
  • Un bilan biologique standard peut être réalisé, mais il est peu contributif ici
  • En cas de suspicion de forme familiale, un test génétique (recherche de mutation SEPT9) peut être proposé

Comment peut-on soigner le syndrome de Parsonage-Turner ?

Il n’existe pas de traitement curatif spécifique. La prise en charge vise essentiellement à soulager la douleur, préserver la mobilité articulaire et favoriser la récupération fonctionnelle.

Le traitement de la douleur repose sur des antalgiques, parfois associés à des anti-inflammatoires ou des médicaments spécifiques des douleurs neuropathiques.

La rééducation fonctionnelle a une place importante. Elle commence par une mobilisation douce des articulations concernées pour éviter les raideurs et prévenir les complications secondaires, comme la capsulite. Le travail musculaire actif est introduit progressivement selon l’évolution du déficit.

En cas de déficit moteur important, le port temporaire d’une orthèse peut être indiqué pour stabiliser le membre supérieur et limiter les compensations posturales.

La récupération neurologique s’étale généralement sur 6 à 36 mois. Elle est souvent lente, et ne suit pas une progression linéaire. Une partie du handicap peut persister, en particulier si l’atrophie musculaire a été marquée ou si la repousse nerveuse est incomplète. La récupération musculaire dépend donc à la fois de la régénération axonale et du travail de rééducation visant à restaurer les masses musculaires appauvries.

Le suivi proposé par notre centre SOS Mains intègre les spécificités du syndrome, de la phase aiguë à la récupération fonctionnelle.

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