La maladie de Kienböck est une nécrose avasculaire du semi-lunaire, l’os central du poignet. Elle résulte d’un défaut de vascularisation pouvant entraîner une déformation progressive de l’os, des douleurs chroniques, une raideur articulaire et, à un stade avancé, une arthrose du poignet. Lorsqu’elle évolue, elle peut devenir responsable de douleurs persistantes, d’une raideur articulaire et d’une perte fonctionnelle progressive. L’évaluation du stade et le choix du traitement nécessitent une prise en charge par un chirurgien orthopédique spécialisé main-poignet comme ceux de SOS Main 93.
Qu’est-ce que la maladie de Kienböck ?
La maladie de Kienböck est un défaut de vascularisation du lunatum, aussi appelé os semi-lunaire, qui se situe dans la première rangée du carpe. Cette insuffisance d’apport sanguin peut conduire à une nécrose osseuse puis à un affaissement et une fragmentation de l’os. À un stade avancé, l’atteinte peut même s’étendre aux structures voisines et conduire à une arthrose du poignet.
La maladie de Kienböck est une pathologie rare qui touche plus fréquemment des adultes jeunes et qui n’entraîne aucune atteinte générale en dehors du poignet concerné.
Quelle est la cause de la maladie de Kienböck ?
L’origine précise de la maladie de Kienböck reste mal connue. On évoque surtout des mécanismes multifactoriels provenant de troubles de la microcirculation osseuse associés à des facteurs génétiques ou auto-immuns et des éléments mécaniques.
Certains facteurs peuvent toutefois favoriser ou aggraver l’évolution, comme les microtraumatismes répétés, une corticothérapie prolongée ou une anomalie anatomique du poignet, notamment un radius relativement long par rapport à l’ulna.
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Douleur du poignet : quels sont les symptômes d’une maladie de Kienböck ?
Les symptômes de la maladie de Kienböck sont généralement peu spécifiques au début. Le premier signe est habituellement une douleur du poignet d’apparition progressive, sans traumatisme récent. Elle survient d’abord à l’effort et peut ensuite devenir persistante, y compris au repos.
Lorsque la maladie évolue, d’autres signes cliniques peuvent apparaître :
- Une limitation de la mobilité en flexion et extension
- Une diminution de la force de serrage
- Une gêne lors des appuis ou des mouvements en hyperextension
Ces troubles montrent une atteinte mécanique croissante du carpe liée à l’altération du lunatum.
À savoir
Une douleur chronique du poignet inexpliquée et qui persiste au repos doit inciter à consulter un chirurgien orthopédique spécialisé main-poignet, même en l’absence de traumatisme identifié.
Sur quoi repose le diagnostic de la maladie de Kienböck ?
Le diagnostic de la maladie de Kienböck repose sur plusieurs examens d’imagerie pour confirmer l’atteinte et mesurer son degré d’évolution.
La radiographie du poignet est l’examen de première intention. Elle peut être normale aux stades précoces, puis montrer dans un second temps une densification, une déformation ou une fragmentation du lunatum.
L’IRM du poignet peut être demandée pour analyser la vascularisation du semi-lunaire et détecter les formes débutantes. Elle permet également d’évaluer la viabilité osseuse.
Un scanner ou un arthroscanner peut être indiqué dans les stades plus avancés afin d’étudier l’état du cartilage et des os adjacents.
Ces examens d’imagerie permettent ainsi de préciser le stade évolutif et de contrôler l’intégrité du lunatum ainsi que des surfaces articulaires adjacentes, ce qui conditionne l’indication d’une immobilisation prolongée, d’un geste de décompression ou d’une chirurgie de sauvetage. Les chirurgiens de SOS Main 93 privilégient, lorsque cela est possible, cette prise en charge progressive, adaptée à l’évolution osseuse et aux répercussions fonctionnelles.
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Traitement de la maladie de Kienböck aux stades précoces
Aux stades précoces, lorsque le lunatum n’est ni déformé ni fragmenté, le traitement vise à préserver l’os et à favoriser sa revascularisation.
Une prise en charge conservatrice peut d’abord être proposée :
- Immobilisation prolongée du poignet pendant plusieurs semaines, parfois jusqu’à 3 mois
- Réduction des contraintes mécaniques
- Éviction des facteurs nuisant à la vascularisation, notamment le tabac
Si ces mesures ne suffisent pas à faire régresser l’atteinte du poignet, un traitement chirurgical peut être discuté pour diminuer la pression exercée sur le lunatum ou améliorer son apport sanguin.
Il existe plusieurs techniques :
- Ostéotomie de raccourcissement du radius, particulièrement en cas de radius long
- Gestes de décompression osseuse
- Revascularisation microchirurgicale du lunatum
Chirurgie de la maladie de Kienböck aux stades avancés
Lorsque la nécrose du lunatum est évoluée avec fragmentation ou arthrose associée, la conservation de l’os n’est plus possible. Le traitement repose alors sur des chirurgies de sauvetage dont l’objectif principal est de réduire les douleurs et de maintenir un poignet fonctionnel.
Plusieurs options peuvent être envisagées selon l’extension des lésions :
- Excision du lunatum, parfois associée à des arthrodèses partielles
- Carpectomie de la première rangée
- Mise en place d’un implant interpositionnel dans certaines situations
- Arthrodèse radio-carpienne dans les formes les plus avancées
Ces interventions de chirurgie de la maladie de Kienböck entraînent une perte partielle ou totale de mobilité. Mais elles permettent le plus souvent une amélioration nette des douleurs et une récupération d’une main utilisable au quotidien.
L’équipe du centre SOS Main 93 adapte sa prise en charge en fonction du stade de la maladie afin d’orienter chaque patient vers la stratégie la plus adaptée avec le moins de séquelles fonctionnelles possibles.
Questions fréquentes sur la Maladie de Kienböck – Nécrose du semi-lunaire

Praticien attaché – HEGP – Paris 15e – Orthopédie
Chef de clinique assistant – HEGP – Paris 15e – Orthopédie
DU Microchirurgie – Université Paris 7 – Diderot
DU Anatomie Clinique – Université Paris 5
DIU Chirurgie du membre supérieur – Université Paris 5
DIU Arthroscopie – Université Paris 7 – Diderot








