Le syndrome du canal de Guyon, aussi appelé compression du nerf ulnaire à la main, est une pathologie assez rare qui provoque des douleurs, des engourdissements et une perte de force surtout au niveau de l’annulaire et de l’auriculaire. Fréquemment confondue avec le syndrome du canal carpien, elle se distingue cependant par son atteinte spécifique du nerf cubital. Le centre SOS Main 93 assure la prise en charge de ces compressions nerveuses grâce à une expertise spécialisée du poignet et de la main.
Qu’est-ce que le syndrome du canal de Guyon ou compression du nerf ulnaire à la main ?
Le canal de Guyon est un tunnel ostéo-ligamentaire situé au niveau du poignet. Il contient le nerf ulnaire (ou nerf cubital), l’artère et la veine ulnaire. Lorsque cet espace se rétrécit, le nerf peut être comprimé et provoquer une souffrance nerveuse.
Le nerf ulnaire assure la sensibilité de l’auriculaire et de la moitié interne de l’annulaire et la commande de la majorité des muscles intrinsèques de la main, qui sont essentiels à la force de préhension et à la motricité fine.
La compression du nerf ulnaire dans le canal de Guyon reste plus rare que celle du nerf médian dans le canal carpien. Elle concerne aussi bien les hommes que les femmes, avec une fréquence plus élevée chez les personnes exposées à des microtraumatismes répétés du poignet (cyclisme, sports de raquette, travail manuel, etc.).
Par ailleurs cette affection fait partie des troubles musculosquelettiques (TMS) et figure au tableau 57 des maladies professionnelles.
Quelles sont les causes du syndrome du canal de Guyon ?
Certains facteurs peuvent favoriser le rétrécissement du canal de Guyon et entraîner une compression du nerf ulnaire :
- Kystes synoviaux : cause la plus fréquente, ils sont souvent liés à une arthrose du poignet
- Traumatismes : fracture du pisiforme ou de l’hamatum, séquelles d’entorse
- Causes vasculaires : anévrisme, thrombose ou malformation vasculaire dans le canal
- Tumeur ou masse suspecte : lipome, schwannome, tumeur bénigne ou plus rarement tumeur maligne
- Facteurs mécaniques : appui prolongé sur le talon de la main (cyclisme), hyperflexion ou hyperextension du poignet
- Causes métaboliques et inflammatoires : diabète, polyarthrite rhumatoïde (plus rares)
La compression du nerf ulnaire au canal de Guyon peut-elle être sans cause connue ? Oui. Une partie des patients présente un syndrome du canal de Guyon idiopathique, c’est-à-dire sans traumatisme ni kyste associé, ce qui rend le diagnostic parfois plus difficile.
Quels sont les symptômes du syndrome de Guyon ?
Les signes cliniques du syndrome du canal de Guyon dépendent de la zone du nerf touchée (branche sensitive, motrice ou les deux). Les symptômes les plus fréquents sont :
- Des engourdissements, picotements et fourmillements de l’auriculaire et de la moitié de l’annulaire
- Une douleur au niveau de la main, du poignet, voire de l’avant-bras ou du coude (compression du nerf ulnaire cubital)
- Une perte de sensibilité dans la zone ulnaire en palmaire, la zone dorsale étant respectée
- Une faiblesse musculaire avec difficulté à serrer la main, tourner une clé ou ouvrir une bouteille
- Dans les formes évoluées, une atrophie musculaire de l’éminence hypothénarienne ou des espaces interosseux
- Des déformations caractéristiques : signe de Wartenberg (écartement spontané du 5e doigt), signe de Froment (difficulté à maintenir une feuille entre le pouce et l’index), voire griffe ulnaire dans les stades sévères
Diagnostic du syndrome de Guyon
Le diagnostic du syndrome du canal de Guyon repose tout d’abord sur l’examen clinique avec recherche des signes de Tinel, Froment et Wartenberg. Le médecin vérifie la force, la sensibilité et la présence d’une éventuelle masse palpable.
Des examens sont ensuite demandés :
- Électromyogramme (EMG canal de Guyon) : c’est l’examen de référence pour confirmer la compression et localiser le niveau exact (poignet vs coude)
- Échographie ou IRM canal de Guyon pour rechercher un kyste, une tumeur ou une anomalie ligamentaire
- Radiographie ou scanner en cas d’antécédent de fracture ou d’arthrose
Comment différencier un syndrome du canal de Guyon d’un canal carpien ?
Le canal carpien entraîne des engourdissements du pouce, de l’index et du majeur, alors que le syndrome du canal de Guyon touche surtout l’auriculaire et l’annulaire.Contrairement au syndrome du canal carpien, la compression du nerf ulnaire au canal de Guyon conserve la sensibilité du dos du petit doigt.
Syndrome du canal de Guyon : quels traitements ?
Le traitement dépend de la sévérité des symptômes et de l’origine de la compression.
Traitement médical conservateur
- Repos et suppression des gestes favorisants (sport, appuis prolongés)
- Port d’une attelle de repos, souvent la nuit
- Antalgiques et anti-inflammatoires pour réduire la douleur
- Kinésithérapie pour améliorer la mobilité et limiter les compensations
Traitement chirurgical
En cas de symptômes sévères ou persistants, ou si l’EMG montre une atteinte importante, une chirurgie peut être envisagée. L’intervention consiste à libérer le nerf ulnaire sur toute la longueur du canal et à traiter la cause de la compression (ablation d’un kyste ou d’une tumeur, régularisation osseuse, etc.). L’opération est réalisée à ciel ouvert, avec une cicatrice de quelques centimètres au niveau du poignet. Les résultats sont généralement bons, les fourmillements disparaissent rapidement et la force et la sensibilité reviennent progressivement en quelques semaines.
Combien de temps dure la récupération après une opération du canal de Guyon ?
La récupération varie selon la gravité initiale de la compression. Les fourmillements disparaissent souvent en quelques jours, mais la force et la sensibilité mettent plusieurs semaines, voire quelques mois, à revenir totalement.
En cas de symptômes persistants (engourdissements, perte de force, douleur chronique), il est recommandé de consulter rapidement pour mettre en place tout de suite le traitement le plus adapté. Les chirurgiens du centre SOS Main 93 propose une expertise chirurgicale et neurologique complète en ce sens.

Chirurgien orthopédiste et traumatologue
Chirurgien de la main
Ancien Chef de clinique – AP-HP – Paris
Chirurgie de la main et du membre supérieur, microchirurgie, arthroscopie








