22 juin 2022

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La compression du nerf ulnaire ou cubital

Catégorie(s) : Coude
compression du nerf ulnaire
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La compression du nerf ulnaire, aussi nommé nerf cubital, est une pathologie fréquemment rencontrée au sein de la population.

Il s’agit du deuxième trouble de compression nerveuse en France, en termes d’incidence, après le syndrome du canal carpien.

Le traitement médical de la compression du nerf cubital est souvent insatisfaisant. Une intervention chirurgicale mineure permet habituellement de traiter efficacement cette pathologie et de retrouver la pleine fonctionnalité de la main.

Toutefois, pour obtenir un résultat satisfaisant, la chirurgie du nerf cubital doit être réalisée suffisamment tôt pour éviter toutes lésions nerveuses irréversibles.

La compression du nerf ulnaire ou cubital, qu’est-ce que c’est ?

 

compression nerf ulnaire douleur au coude

La compression du nerf ulnaire est un syndrome commun, consistant en une compression nerveuse au niveau du coude, dont les symptômes se manifestent essentiellement au niveau de la main et des doigts.

On parle également de la compression du nerf cubital : les termes de « nerf cubital » et de « nerf ulnaire » désignent en fait exactement la même chose sous deux noms différents (ancienne et nouvelle nomenclature).

De fait, la compression du nerf ulnaire intervient au niveau de l’articulation du coude, formée par la jonction de trois os : l’humérus, l’ulna et le radius.

« Ulna » est le nouveau nom donné au cubitus (os long de l’avant-bras) dans la nomenclature anatomique moderne (Terminologia Anatomica), qui, à la suite d’un consensus international, remplace l’ancienne (Nomina Anatomica), dans un souci d’exactitude et eu égard aux avancées de la médecine.

Si le nom de « ulna » a été adopté depuis déjà longtemps dans les pays anglophones qui ont bénéficié des premières diffusions de la nouvelle nomenclature, il ne se diffuse réellement en France qu’à la fin des années 2000, et le mot « cubitus » est encore fréquemment usité.

Le nerf ulnaire, ou cubital, traverse entièrement le bras depuis le cou jusqu’à la main. Il passe, de fait, par le coude, où son chemin prend la forme d’une gouttière nommée sillon du nerf ulnaire.

L’intégrité de cette gouttière assure celle du nerf ulnaire en lui permettant de coulisser sans accroc lors des mouvements de flexion, extension et rotation du coude. Si ce mécanisme de coulissement est altéré, un phénomène de compression survient.

Le nerf ulnaire, est une composante essentielle de l’organisme. Il prend naissance dans les racines cervicales et traverse le bras jusqu’à la main, en passant par trois tunnels successifs.

Son rôle est d’innerver la plupart des muscles de la main, afin d’en contrôler les mouvements, ainsi que de contrôler la sensibilité des tissus de la main du côté de son bord cubital (quatrième et cinquième doigt).

Aussi, le nerf ulnaire joue un rôle primordial dans la motricité, la dextérité et la puissance des doigts, et dans la coordination des mouvements de la main avec ceux de l’avant-bras.

Le nerf ulnaire ne fait que passer au niveau du coude, et a peu d’impacts sur cette articulation et les muscles du bras.

Toutefois, c’est dans cette zone que se situent les principaux points de compression à l’origine du syndrome de compression du nerf ulnaire.

Cette compression entrave la circulation des signaux nerveux, ce qui se traduit par une paralysie progressive des muscles qu’il innerve et une perte de sensibilité du côté cubital de la main.

Les causes d’une compression du nerf cubital ne sont pas toujours élucidées. Elle peut apparaître brutalement à la suite d’un traumatisme, ou progressivement dans le cadre, par exemple, de troubles musculosquelettiques (arthrose du coude, tendinite, etc.).

Symptômes de la compression du nerf ulnaire

L’apparition des symptômes de la compression du nerf ulnaire est habituellement lente, insidieuse et graduelle.

La compression du nerf ulnaire engendre d’abord une perte de sensibilité de l’auriculaire et de l’annulaire. On observe également une perte de force, d’endurance et de dextérité de la main, des crampes, ainsi, à terme, qu’une fonte musculaire.

Les douleurs sont fréquentes, et peuvent irradier jusqu’au cou en se propageant le long du bord interne de l’avant-bras.

Typiquement, ce syndrome évolue vers une paralysie irréversible des muscles innervés par le nerf ulanire. En effet, la guérison des tissus nerveux est délicate, et tout dommage causé au nerf ulnaire risque de s’avérer définitif.

Il convient donc de ne pas négliger cette pathologie et de la faire traiter au plus tôt avant que la compression du nerf n’engendre des dommages irréversibles.

symptomes nerf cubital

Diagnostic de la compression du nerf ulnaire

Bénéficier d’un diagnostic précoce en cas de compression du nerf ulnaire est essentiel pour réduire les risques de souffrir de séquelles à long terme.

Les tissus nerveux compressés tendent en effet à se détériorer rapidement, et leurs lésions sont difficilement récupérables.

Le diagnostic d’une compression du nerf ulnaire repose sur l’observation des symptômes précédemment décrits : douleurs, et perte de sensibilité, de mobilité, de dextérité et de force.

Les mouvements de flexion du coude peuvent également permettre de dépister une instabilité du nerf ulnaire qui provoque des ressauts en passant au-dessus de l’épitrochlée.

Certains examens d’imagerie médicale, et notamment une échographie dynamique, peuvent permettre de visualiser les différentes lésions des tissus mous ou osseux à l’origine de la compression du nerf cubital, orientant ainsi l’équipe médicale vers les traitements à privilégier.

L’électromyogramme (EMG) est l’examen de diagnostic de référence. Cet examen mesure de l’activité nerveuse et doit être réalisé pour étayer le diagnostic, bien que cela soit moins courant que dans le cas d’un syndrome du canal carpien.

L’EMG consiste à stimuler le nerf à l’aide de signaux électriques permettant d’analyser son intégrité et son degré de fonctionnalité.

L’examen clinique et l’anamnèse sont également des outils cruciaux de diagnostic. L’articulation du coude peut être mobilisée au cours de l’examen pour permettre au praticien d’observer les symptômes typiques de la maladie.

Des examens d’imagerie médicale peuvent compléter le diagnostic pour chercher la cause de la maladie, notamment si une origine traumatique est suspectée. Toutefois, la compression du nerf ulnaire est le plus souvent idiopathique.

Exercice pour décoincer nerf cubital

Traitements de la compression du nerf ulnaire

Le traitement de la compression du nerf cubital varie en fonction de la cause du problème – lorsqu’elle est identifiée.

Les traitements médicaux de la compression du nerf ulnaire sont souvent insatisfaisants. Ils incluent le port d’une attelle de repos, des infiltrations et/ou la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires.

En cas de compression légère, un traitement fonctionnel peut être suffisant. Celui-ci consiste à supprimer les mouvements ou les postures à l’origine de la compression du nerf.

Le traitement fonctionnel comprend habituellement la prise d’anti-inflammatoires pour réduire rapidement la compression et le port d’une orthèse pour supprimer le mouvement et/ou la posture problématique.

En cas d’échec du traitement fonctionnel, ou lorsque la compression du nerf cubital est plus sérieuse et menace l’intégrité de ce dernier, une intervention chirurgicale est recommandée.

 

L’opération chirurgicale de référence est une libération du nerf ulnaire qui se pratique en sectionnant l’arcade fibreuse sous laquelle chemine le nerf. L’intervention chirurgicale consiste à redonner de l’espace au nerf en supprimant ou en sectionnant les tissus qui le compressent.

Dans certains cas, l’intervention comprend aussi la résection chirurgicale d’un fragment d’os au niveau de l’épitrochlée, saillie osseuse de l’humérus pouvant gêner le coulissement du nerf ulnaire.

Lorsque la libération du nerf ulnaire risque d’entraîner l’instabilité de ce dernier, une transposition peut-être pratiquée.

Le nerf est ainsi déplacé en avant du coude, là où les différents tissus osseux et mous de l’articulation ne peuvent plus le compresser.

Dans la plupart des cas, la chirurgie du nerf ulnaire permet d’obtenir une guérison complète ou quasi complète.

Si le traitement est survenu tardivement, le nerf a pu être durablement abimé, auquel cas des fourmillements et une perte de sensibilité au niveau de l’auriculaire et de l’annulaire peuvent persister.

Ce dernier point souligne à nouveau l’importance de consulter un médecin au plus vite en cas de compression du nerf ulnaire ou cubital, avant que les tissus nerveux ne subissent de séquelles potentiellement irréversibles.

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