25 mars 2022

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L’épicondylite latérale du coude

Catégorie(s) : Coude
epicondylite coude
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L’épicondylite latérale du coude est une maladie des tendons dont l’apparition est hautement corrélée à une sursollicitation du coude dans un contexte professionnel ou sportif.

C’est la maladie du coude la plus fréquemment rencontrée, et, à ce titre, elle fait figure de véritable enjeu de santé publique en France et en Europe.

Avec des symptômes pouvant persister jusqu’à 2 ans et un taux de récidive non négligeable, c’est une pathologie du coude à même d’impacter durablement les capacités professionnelle et extra-professionnelle des patients.

Aussi, si ses conséquences en matière de santé sont relativement évidentes, l’épicondylite du coude présente également des impacts socio-économiques majeurs qu’il convient de ne pas négliger.

L’épicondylite latérale s’oppose à sa forme médiale (anciennement appelée épitrochléite), bien plus rare, qui concerne elle les tendons fléchisseurs des doigts et du poignet.

L’épicondylite latérale du coude, qu’est-ce que c’est ?

L’épicondylite du coude est un syndrome douloureux affectant les tendons des muscles épicondyliens, à savoir les muscles responsables des mouvements d’extension du poignet. et des doigts

Ces muscles tiennent leur nom de la zone dans laquelle ils s’insèrent, l’épicondyle, un relief osseux du coude.

Définition de l’épicondylite du coude

L’appellation « d’épicondylite », dont la terminaison en « -ite » réfère à une pathologie inflammatoire, tend désormais à être considérée comme inexacte.

De fait, l’inflammation supposée des extenseurs du poignet qui serait à l’origine de l’épicondylite du coude n’a jamais été solidement démontrée.

On observe davantage des lésions et microdéchirures des tendons, sans pour autant qu’un milieu inflammatoire ne s’installe.

Aujourd’hui, on parle donc volontiers d’épicondylalgie du coude ou de tendinopathie des épicondyliens, termes plus généraux pour désigner respectivement un syndrome douloureux et une maladie des tendons épicondyliens.

Principales causes de l’épicondylite latérale du coude

Parfois nommée tennis elbow (« coude du tennisman »), l’épicondylite du coude est typiquement observée chez les sportifs effectuant des gestes répétitifs du bras et du poignet – comme les tennismen.

tennis elbow

Hors activité sportive, on rencontre fréquemment l’épicondylite du coude dans le contexte d’activités professionnelles qui requièrent des mouvements répétitifs.

On estime que toute activité exigeant une extension répétitive du bras et du poignet pendant plus de 4h par jour est un facteur favorisant de l’épicondylite du coude.

Aussi, les métiers manuels sont particulièrement concernés par cette maladie du coude et du poignet, ainsi que les postes de travail sur ordinateur.

Symptômes de l’épicondylite du coude

La douleur est le principal symptôme de l’épicondylite du coude. Elle peut apparaître soudainement ou progressivement, généralement d’abord au niveau du bras dominant.

L’épicondyle est alors sensible au toucher, puis la douleur devient persistante et peut irradier dans l’avant-bras.

Le diagnostic de l’épicondylite du coude se fait essentiellement à travers un examen clinique.

La palpation du coude met en évidence un syndrome douloureux, et des manipulations du coude et du poignet permettent d’observer une intensification de la douleur dans les mouvements de rotation, fléchissement et extension.

Lorsqu’une imagerie est réalisée, l’échographie, voire l’IRM, permettent une confirmation du diagnostic et évaluent les lésions tendineuses.

traitement inflammation coude

Traitements de l’épicondylite latérale du coude

À l’heure actuelle, il n’existe pas de véritable consensus concernant le traitement de l’épicondylite du coude.

La prise en charge de première intention est habituellement une mise au repos destinée à éliminer les mouvements déclencheurs de la pathologie.

Dans ce cadre, un arrêt de travail est généralement inévitable, bien qu’il dépende du type de profession exercée par le patient.

Le bras est éventuellement immobilisé à l’aide d’une coudière, des antalgiques peuvent être administrés, et des anti-inflammatoires font parfois partie du traitement, bien que leur utilisation dans la prise en charge de l’épicondylite du coude soit controversée.

Lorsque les douleurs persistent, des infiltrations de corticoïdes sont parfois nécessaires.

Le traitement médical de l’épicondylite du coude est souvent décevant. Un inconfort persiste fréquemment, et les récidives sont fréquentes.

Aussi, il est particulièrement important de repenser autant que possible le retour à l’activité pour espérer une guérison optimale à long terme.

Un changement d’habitudes, avec une éviction radicale des activités aggravantes, est un facteur clef d’une guérison durable.

Épicondylite coude et infiltration

L’infiltration est un geste qui consiste à administrer par injection une dose de traitement médical dans une région articulaire douloureuse. Pour traiter l’épicondylite, l’infiltration se fait au niveau du coude.

Infiltration de corticoïdes pour soulager les fortes douleurs liées à l’épicondylite

Le produit médicamenteux utilisé est habituellement un anti-inflammatoire par corticoïdes. Le produit utilisé majoritairement est un dérivé de cortisone. Le médecin injecte des cristaux qui vont se dissoudre petit à petit pour avoir un effet durable.

Dans certains cas, votre médecin peut vous proposer l’administration d’une infiltration de corticoïdes dans les zones douloureuses du coude. Ce geste permet de soulager la douleur à court terme, mais ne permet pas de diminuer la période d’évolution de l’épicondylite.

L’infiltration n’est pas un geste anodin et peut rendre le tendon plus fragile. Elle n’est donc pas recommandée en présence d’un tendon partiellement déchiré.

Chez certains patients, l’infiltration de corticoïdes du coude présente des bénéfices très limités, car il s’agit d’une pathologie qui guérit spontanément après une période variant de 12 à 18 mois, et l’on observe souvent une rechute.

Infiltration épicondylite coude : technique

Si toutes les conditions sont réunies, le produit injecté durant l’infiltration est à base de corticoïde à action retard, associé à un anesthésique local.

Ce geste est réalisé par voie externe, en intratendineux. Le patient s’installe en position de décubitus ventral, avec le bras en rotation interne derrière le dos (la main au niveau de l’aine) pour un accès facilité pour le praticien.

L’aiguille utilisée est dite de gros calibre et mesure 0,8 mm. Le praticien procède à des perforations répétées du tendon commun, par la même porte d’entrée de la peau, de manière à « agresser » le tendon et provoquer un saignement local qui va encourager la cicatrisation secondaire.

Après l’injection, votre médecin met en place un pansement non compressif. Certains mouvements d’étirements systématiques des épitrochléens vous seront montrés et recommandés. Le repos est nécessaire après le geste pour optimiser l’efficacité des corticoïdes.

Une consultation de contrôle sera programmée entre le 10e et le 20e jour qui suit l’infiltration.

Les résultats ne sont pas instantanés et apparaissent après quelques jours. Dans les premiers temps, des douleurs couplées à des œdèmes peuvent survenir, mais ces signes cliniques sont passagers. Le soulagement des douleurs apparaît après environ un mois, et cet effet dure quelques mois. Après cette période, les élancements peuvent revenir. Il est alors possible de recourir à une seconde infiltration du coude après quelques semaines.

acupuncture tennis elbow

Épicondylite : traitement naturel

Kinésithérapie

Pour compléter la prise en charge thérapeutique, il est possible de recourir à des séances de kinésithérapie, et notamment de la physiothérapie et des massages afin de soulager les douleurs. La kinésithérapie peut permettre de diminuer un petit peu la période d’évolution de la maladie.

Acupuncture

On ne pense pas souvent à l’acupuncture pour traiter l’épicondylite. Pourtant, ce traitement présente des bénéfices pour réduire l’inflammation du coude et les douleurs du coude. La technique permet d’obtenir des effets rapides et une amélioration de la symptomatologie, notamment lorsqu’elle est associée aux autres solutions thérapeutiques. Il est en revanche préférable de demander l’avis de votre médecin avant de recourir à cette solution.

Opération de l’épicondylite du coude

L’opération chirurgicale de l’épicondylite du coude est envisagée après l’échec de la mise au repos et des traitements médicaux.

Elle vise à supprimer la douleur pour favoriser un retour à la vie professionnelle et extra-professionnelle normale.

La technique chirurgicale de référence est la désinsertion musculaire qui consiste à éliminer les parties abîmées du tendon douloureux, et à décomprimer le nerf radial au besoin.

Une autre méthode fréquemment utilisée est la plastie d’allongement. Cette dernière consiste à rallonger le muscle épicondylien pour diminuer la tension exercée sur les tendons abîmés.

Durée de l’arrêt de travail pour une épicondylite du coude

L’épicondylite du coude est un enjeu de santé publique. Pour cause, elle fait partie de la grande famille des troubles musculosquelettiques (TMS), dont l’incidence est en constante augmentation en France et en Europe (+2,7% en 2018 et + 60% depuis 2003 en France).

L’épicondylite du coude représente à elle seule 22 % de tous les TMS. En moyenne, elle serait à l’origine de 11% des arrêts de travail consécutifs à une maladie professionnelle.

La durée de l’arrêt de travail nécessaire pour traiter une épicondylite du coude varie en fonction de la situation de chaque patient.

En effet, un des critères majeurs pour déterminer la durée adéquate est l’existence ou non d’une corrélation entre le travail et la survenue de la maladie.

Lorsque l’activité professionnelle est responsable d’une importante sollicitation des épicondyliens latéraux, l’arrêt de travail peut être long, jusqu’à sédation complète des douleurs.

L’épicondylite : une maladie professionnelle

L’épicondylite est-elle reconnue comme maladie professionnelle ?

Oui ! L’épicondylite du coude fait partie des maladies professionnelles, et on sait que le milieu professionnel représente un facteur de risque majeur dans la survenue de cette pathologie. Dans un contexte d’épicondylite en maladie professionnelle : le tableau du régime général des maladies professionnelles et le tableau du régime agricole la recensent. Cela peut concerner tous les secteurs d’activité, comme les transports, le service à la personne, le tertiaire, le bâtiment…

La communauté médicale alerte de plus en plus sur les conditions et risques liés au travail pouvant aggraver les épicondylites du coude, et de manière générale, les tendinites.

Certains facteurs de risques psychosociologiques dans un contexte professionnel amplifient notamment ce phénomène, comme les horaires contraignants, l’accroissement de la quantité de travail, le manque de reconnaissance malgré les efforts fournis, le manque de pouvoir décisionnel ou les mauvaises relations avec les collègues ou supérieurs.

Comment obtenir une prise en charge de l’épicondylite coude en maladie professionnelle ?

Lors du diagnostic, votre médecin traitant et le médecin du travail pourront vous informer des démarches à réaliser pour obtenir une prise en charge en maladie professionnelle, de vos droits, et des avantages et inconvénients de cette procédure.

La demande doit être effectuée auprès de votre organisme d’assurance maladie. Plusieurs documents sont nécessaires, comme :

  • La demande de déclaration de maladie professionnelle doit être remplie par votre médecin traitant ou le médecin du travail.
  • Votre déclaration personnelle. L’imprimé est remis par les organismes de sécurité sociale et renseigne sur les expositions aux risques d’épicondylite du coude à vos différents postes de travail durant toute votre vie professionnelle.

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