22 juin 2022

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L’acromion : le conflit sous-acromial

Catégorie(s) : Epaule
acromion epaule clavicule
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L’acromion de l’épaule est une excroissance osseuse qui compose l’omoplate, un des os de l’articulation acromio-claviculaire reliant le bras au thorax.

Il arrive parfois, à la suite d’un choc ou d’une maladie, que les différentes composantes de l’articulation acromio-claviculaire entrent en conflit, ce qui peut engendrer des douleurs et des pertes fonctionnelles modérées ou majeures.

C’est notamment le cas lorsque l’acromion de l’épaule se déforme, s’altère ou adopte une morphologie agressive, qui vient traumatiser les tissus avoisinants.

L’acromion de l’épaule, qu’est-ce que c’est ?

L’articulation de l’épaule est formée de l’omoplate (os plat du dos aussi nommé scapula), la clavicule (os reliant le sternum et le membre supérieur) et l’humérus (os long du bras). L’acromion est un bourrelet osseux de l’omoplate.

L’acromion n’est pas, en lui-même, une pathologie, mais un simple élément anatomique. Toutefois, il peut adopter différentes formes dont certaines, dites agressives, favorisent la survenue de troubles articulaires.

Les différentes formes de l’acromion sont répertoriées via la classification de Bigliani, qui retrouve trois types de morphologies : plat (type 1), courbé (type 2) et crochu (type 3). Un 4ème type, l’acromion convexe, est parfois décrit.

Le conflit sous-acromial : l’acromion de type 2

La morphologie de l’acromion de l’épaule peut s’avérer problématique lorsque ce dernier adopte une forme courbée, crochue ou convexe, à savoir lorsqu’il est de type 2, 3 ou 4. Parmi les acromions potentiellement problématiques, le type 2 est le plus fréquemment rencontré.

À noter que tous les acromions de type 2 n’engendrent pas systématiquement de lésions articulaires, bien que leur morphologie tende à favoriser les conflits sous-acromiaux.

On parle de conflit sous-acromial lorsque l’articulation de l’épaule perd de son indolence du fait de l’agressivité de l’acromion qui abime les tissus situés en dessous de lui.

Chaque mouvement de l’épaule engendre alors des frottements et des accrochages au sein de l’articulation, susceptibles d’abimer toutes ses composantes, et notamment les tissus mous (tendons essentiellement).

Aussi, l’acromion de type 2 peut-être à l’origine d’un vaste panel de maladies de l’épaule, comme la bursite, l’inflammation des ligaments ou encore la rupture de la coiffe des rotateurs.

Symptômes des affections de l’acromion de l’épaule

Les symptômes provoqués par les affections de l’acromion de l’épaule dépendent de l’ampleur des lésions provoquées par le conflit sous-acromial.

Une compression des ligaments engendre habituellement une inflammation qui se traduit par des douleurs d’intensité variable, ainsi que par un gonflement, rougissement et échauffement local de l’articulation.

Le diagnostic d’un acromion de type 2 ou d’un conflit sous-acromial se fait à travers un examen clinique qui révèle des douleurs, notamment lors des mouvements d’élévation du bras, ainsi que la nuit, notamment en cas de bursite ou tendinite de la coiffe des rotateurs.

Cette douleur est souvent irradiante, tendant à se diffuser dans le bras jusqu’à la main, et dans le cou.

Le patient peut aussi décrire des sensations d’accrochage, de claquement ou de craquements, lorsqu’il mobilise son épaule, accompagnées ou non de douleurs.

Enfin, l’examen clinique révèle fréquemment une impotence douloureuse ou mécanique, soit une incapacité à mobiliser l’épaule à cause de la douleur ou d’un blocage.

Des examens d’imagerie médicale viennent compléter le diagnostic pour apporter de plus amples informations sur l’étendue des lésions.

L’arthroscanner et l’IRM sont des examens d’imagerie médicale de référence dans le diagnostic des pathologies de l’épaule.

L’arthroscanner permet de visualiser avec précision un conflit sous-acromial et l’état des différents tissus de l’articulation, et plus particulièrement de la coiffe des rotateurs

La radiographie peut également compléter le diagnostic en permettant d’évaluer la diminution de l’espace sous l’acromion et de déterminer si ce dernier présente une morphologie de type 1,2, 3 ou 4.

L’échographie peut donner des informations sur l’état des tissus mous et aiguiller le diagnostic vers une tendinite, une bursite ou des lésions de la coiffe des rotateurs.

Traitements des affections de l’acromion de l’épaule

 

Le traitement de première intention du conflit sous-acromial est une mise au repos de l’articulation qui permet de faire diminuer la douleur.

On va, pour ce faire, chercher à immobiliser l’articulation pour supprimer les mouvements qui sont à l’origine des frottements et des accrochages causant l’inflammation des tissus mous.

Un traitement médicamenteux peut compléter cette immobilisation pour maîtriser les douleurs et diminuer l’inflammation, dont la persistance risquerait d’engendrer des complications durables.

Lorsque les symptômes persistent, des infiltrations peuvent être réalisées. Ces dernières consistent à injecter des corticoïdes directement au niveau de l’articulation, pour une action plus ciblée et efficace.

Une intervention chirurgicale est envisagée quand les symptômes persistent après un traitement médical, et/ou lorsque la morphologie de l’acromion est de type 2, ce qui laisse envisager un risque élevé de récidive.

Le traitement chirurgical de référence est l’acromioplastie, une intervention consistant à raboter l’acromion afin d’éliminer une certaine épaisseur osseuse pour décomprimer les ligaments et tendons  et redonner de l’espace aux différentes composantes de l’articulation.

L’intervention est réalisée sous arthroscopie, c’est-à-dire à l’aide de techniques mini invasives consistant à introduire une petite caméra dans l’articulation pour réaliser le geste chirurgical sans pratiquer d’ouverture importante dans les tissus.

L’acromion de l’épaule : quels risques en l’absence de traitement d’un conflit sous-acromial ?

 

Lorsqu’un conflit sous-acromial n’est pas traité, les tissus mous peuvent être durablement altérés par les frottements et les accrochages entre les différentes parties de l’articulation.

Il peut en résulter des atteintes ligamentaires irréversibles, voire une déchirure de la coiffe des rotateurs engendrant des douleurs intenses et un dysfonctionnement de l’épaule.

Les mouvements deviennent limités, le membre supérieur perd de sa force et de son agilité, et l’usure anormale de l’articulation peut entraîner l’apparition d’arthrose.

Acromion qui ressort : faut-il s’inquiéter ?

Un acromion qui ressort n’est habituellement pas le symptôme d’un conflit sous-acromial, mais plutôt une déformation de l’articulation bénigne.

De fait, on rencontre fréquemment des acromions d’aspect très marqués, qui se traduisent par une bosse ressortant au niveau de l’épaule, dans la continuité de la clavicule.

C’est une déformation qui survient habituellement chez les personnes ayant fortement sollicité leurs épaules, de manière répétitive, généralement au cours d’activités sportives (escalade, musculation, etc.).

Plus rarement, l’acromion peut ressortir à la suite d’un traumatisme de l’articulation ayant engendré un déplacement ou une déformation de l’articulation (luxation, entorse, etc.).

Si un acromion qui ressort n’occasionne pas de gène ou de perte fonctionnelle, et s’il n’est pas apparu soudainement à la suite d’un traumatisme (chute de vélo, choc, etc.) ou d’un mouvement brusque, il n’y a pas matière à s’inquiéter.

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